Reportages Vidéo | Féria d'Arles
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Ça ne manque jamais. La première fois qu'ils l'aperçoivent dans l'arène, les aficionados dégainent les commentaires vachards et les sourires narquois. "Elle est gentillette." "Elle est pas épaisse, hein !".
C'est une brune élancée qui s'approche et tend une poignée de main ferme. "Bonjour, je suis Marie." Au téléphone, son entraîneur avait vanté "son courage froid et serein". Il n'avait pas parlé du joli minois, des boucles d'oreilles et du blouson à la mode, le genre que les filles s'achètent quand elles partent en virée shopping entre copines. Quelques détails trahissent son pedigree hors norme: une plaie à la main ("un taureau à Nîmes, la semaine passée") et une cicatrice entre les deux yeux ("Fracture ouverte, le souvenir d'une vache, voilà deux ans").
"La plupart n'aiment pas la corrida. C'est très difficile pour des gens hors milieu de comprendre ma passion."
"Pour une fille c'est encore plus difficile"
Essayons tout de même. Née de parents aficionados, la petite Marie grandit dans le sérail, à savoir l'élevage familial de taureaux, dans un village de l'Hérault. "Mon père me prenait parfois dans ses bras quand il s'amusait à toréer. Un jour, j'ai essayé seule." Le papa rêvait d'être torero. C'est la petite qui s'y colle et se révèle douée. Elle s'inscrit à l'école taurine de Nîmes à 16 ans puis franchit les étapes à la vitesse de l'éclair. "J'ai tué mon premier taureau quatre mois après être entrée à l'école. Il fallait être sélectionné pour avoir le droit de mettre à mort. Je manquais d'expérience, personne n'y croyait. J'ai réussi."
La jeune prodige est rapidement repérée par l'un des faiseurs de carrière du milieu, l'ancien matador Paquito Leal. Il la convainc de le rejoindre à l'école taurine d'Arles : "Fille ou garçon, c'est la première fois que je vais chercher un élève ailleurs. Je l'ai fait car je crois que Marie a autant de qualités que Christina Sanchez." ça y est, le grand nom est lâché. Dans la corrida, les figures féminines sont rares. En France, il y a eu Marie Sara, qui toréait à cheval et défrayait la chronique people avec son mari Henri Leconte. En Espagne, il y a eu Christina Sanchez, seule et unique femme de l'histoire de la corrida à pied à avoir fait une carrière internationale. Mais la belle histoire s'est terminée dans l'amertume, un retrait polémique en 1999: l'Espagnole n'aurait plus supporté d'être humiliée par des matadors refusant de toréer aux côtés d'une femme.
"C'est vrai que le milieu reste macho et conservateur. Mais, si l'on voit peu de femmes toréer à pied, c'est d'abord parce que c'est un métier extrêmement difficile physiquement, estime Daniel Saint-Lary, chroniqueur à la revue spécialisée Planète Corrida. Homme ou femme, il faut tout de même être un peu halluciné pour descendre sur le sable jouer sa vie face aux cornes. Les toreros sont toujours des êtres hors du commun, un peu comme un Michael Schumacher qui prend les virages à 250 km/h dans une toute petite bagnole." Les aficionados sont unanimes: "Pour une fille, c'est encore plus difficile", résume Paquito Leal.
On frémit. Une blessure grave ? Vu sa tête, ça semble encore pire. D'un murmure, Marie se confie: "Pour la seule fois de ma carrière, je n'ai pas réussi à tuer le taureau."
Merci au Journal Du Dimanche JDD
Un sujet pour France 24 par Libertypresse
As a first step to becoming France’s first female bullfighter – a torera – 19 year old Marie Barcelo must make her competitive debut in Arles’s Roman Amphitheatre. Faced with two challenges – the 350 kilo bulls and the bullfighting world's sexist and conservative audience – Marie succeeds in showing her talent, despite some setbacks. Her mother explains her anguish watching Marie fight, while Marie herself explains that what she lacks in physical strength she makes up with her technique. However, local experts cast a critical eye on her first professional debut.
A France 24 news item, produced by Libertypresse International.
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Féria d'Arles
Marie Barcelo, 19 ans, devient la première femme française à toréer à pied. Elle participe aux côtés de 23 matadors, tous des hommes, aux corridas de la feria d'Arles. Et elle tue comme elle l'a déjà fait. "La plupart n'aiment pas la corrida. C'est très difficile pour des gens hors milieu de comprendre ma passion."Ça ne manque jamais. La première fois qu'ils l'aperçoivent dans l'arène, les aficionados dégainent les commentaires vachards et les sourires narquois. "Elle est gentillette." "Elle est pas épaisse, hein !".
C'est une brune élancée qui s'approche et tend une poignée de main ferme. "Bonjour, je suis Marie." Au téléphone, son entraîneur avait vanté "son courage froid et serein". Il n'avait pas parlé du joli minois, des boucles d'oreilles et du blouson à la mode, le genre que les filles s'achètent quand elles partent en virée shopping entre copines. Quelques détails trahissent son pedigree hors norme: une plaie à la main ("un taureau à Nîmes, la semaine passée") et une cicatrice entre les deux yeux ("Fracture ouverte, le souvenir d'une vache, voilà deux ans").
"La plupart n'aiment pas la corrida. C'est très difficile pour des gens hors milieu de comprendre ma passion."
"Pour une fille c'est encore plus difficile"
Essayons tout de même. Née de parents aficionados, la petite Marie grandit dans le sérail, à savoir l'élevage familial de taureaux, dans un village de l'Hérault. "Mon père me prenait parfois dans ses bras quand il s'amusait à toréer. Un jour, j'ai essayé seule." Le papa rêvait d'être torero. C'est la petite qui s'y colle et se révèle douée. Elle s'inscrit à l'école taurine de Nîmes à 16 ans puis franchit les étapes à la vitesse de l'éclair. "J'ai tué mon premier taureau quatre mois après être entrée à l'école. Il fallait être sélectionné pour avoir le droit de mettre à mort. Je manquais d'expérience, personne n'y croyait. J'ai réussi."
La jeune prodige est rapidement repérée par l'un des faiseurs de carrière du milieu, l'ancien matador Paquito Leal. Il la convainc de le rejoindre à l'école taurine d'Arles : "Fille ou garçon, c'est la première fois que je vais chercher un élève ailleurs. Je l'ai fait car je crois que Marie a autant de qualités que Christina Sanchez." ça y est, le grand nom est lâché. Dans la corrida, les figures féminines sont rares. En France, il y a eu Marie Sara, qui toréait à cheval et défrayait la chronique people avec son mari Henri Leconte. En Espagne, il y a eu Christina Sanchez, seule et unique femme de l'histoire de la corrida à pied à avoir fait une carrière internationale. Mais la belle histoire s'est terminée dans l'amertume, un retrait polémique en 1999: l'Espagnole n'aurait plus supporté d'être humiliée par des matadors refusant de toréer aux côtés d'une femme.
"C'est vrai que le milieu reste macho et conservateur. Mais, si l'on voit peu de femmes toréer à pied, c'est d'abord parce que c'est un métier extrêmement difficile physiquement, estime Daniel Saint-Lary, chroniqueur à la revue spécialisée Planète Corrida. Homme ou femme, il faut tout de même être un peu halluciné pour descendre sur le sable jouer sa vie face aux cornes. Les toreros sont toujours des êtres hors du commun, un peu comme un Michael Schumacher qui prend les virages à 250 km/h dans une toute petite bagnole." Les aficionados sont unanimes: "Pour une fille, c'est encore plus difficile", résume Paquito Leal.
On frémit. Une blessure grave ? Vu sa tête, ça semble encore pire. D'un murmure, Marie se confie: "Pour la seule fois de ma carrière, je n'ai pas réussi à tuer le taureau."
Merci au Journal Du Dimanche JDD
Un sujet pour France 24 par Libertypresse
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Marie Barcelo - France's first torera
19 year old Marie Barcelo hopes to become France’s first female bullfighter. During the Easter Féria in Arles’ Roman Amphitheatre, Marie confronted two 350 kilo bulls, and so entered into this stereotypically macho world.As a first step to becoming France’s first female bullfighter – a torera – 19 year old Marie Barcelo must make her competitive debut in Arles’s Roman Amphitheatre. Faced with two challenges – the 350 kilo bulls and the bullfighting world's sexist and conservative audience – Marie succeeds in showing her talent, despite some setbacks. Her mother explains her anguish watching Marie fight, while Marie herself explains that what she lacks in physical strength she makes up with her technique. However, local experts cast a critical eye on her first professional debut.
A France 24 news item, produced by Libertypresse International.
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